entre 300 et 400 salariés de Continental Clairoix (Oise) ont occupé durant une demi-journée mercredi le site de l'équipementier à Sarreguemines (Moselle) alors que les pourparlers entre la direction allemande et un possible repreneur, MAG, ont connu une nette avancée.
Les salariés ont mis fin à cette occupation mercredi soir après avoir obtenu une rencontre le 12 mai à Hanovre entre les syndicats et la direction allemande, qui avait d'abord proposé la date du 27 mai, refusée par les manifestants car jugée trop tardive.
Parallèlement, les discussions entre la direction de Continental et l'accessoiriste automobile MAG, basé à Dubaï, ont progressé lors d'une rencontre mercredi à Hanovre.
Le directeur de la division de pneus de tourisme et camionnettes de Continental, Nicolaï Setzer, a affirmé mercredi à l'AFP "avoir posé les bases d'une offre très avantageuse" de reprise à MAG, en proposant notamment un soutien technique pendant "au moins dix ans".
Continental est prêt à céder le site de Clairoix, ses équipements, l'usage de ses brevets ainsi que les compétences des salariés, qui pourraient tous être transférés. "Nous allons plus loin" que ces propositions initiales avec un "accompagnement de transition" et "un support technique pour la commercialisation des pneus à l'international", a fait valoir M. Setzer.
Le groupe MAG devrait donner sa réponse "très rapidement", d'après le directeur, qui reste toutefois "prudent" sur une reprise de l'usine, menacée de fermeture en 2010.
Aux cris de "On est chez nous" et "Continental Solidarité", les "Conti" ont fait sauter les verrous de la grille d'entrée du site mosellan, dont la production a été fortement perturbée.
Les ouvriers de Sarreguemines ont exprimé un certain mécontentement devant l'opération surprise de leurs camarades de Clairoix, affirmant n'avoir été prévenus qu'en fin de matinée de leur venue.
Initialement, les "Conti" devaient se rendre à Aix-la-Chapelle (Allemagne) pour manifester avec les syndicats allemands du groupe, mais ceux-ci ont annulé le rendez-vous.
Continental a condamné cette "intrusion forcée" à Sarreguemines, tout en répondant à la demande des salariés par la proposition d'une rencontre le 27 mai entre la direction allemande et les représentants du personnel, l'Etat français "pouvant être inclus".
Une première réunion tripartite avait eu lieu la semaine dernière à Paris, mais avec la seule direction française.
Cette date du 27 mai a été rejetée par les salariés car trop lointaine. M. Setzer la justifiait par la priorité donnée - une "obligation légale" selon lui - aux négociations dans le cadre du comité central d'entreprise, dont deux séances sont prévues les 14 et 19 mai.
Devant la menace d'une poursuite de l'occupation, la sous-préfète de Forbach (Moselle) Sylvie Houspic est intervenue sur le site de Sarreguemines pour annoncer une rencontre entre les syndicats et la direction allemande le 12 mai à Hanovre.
En début de soirée, les "Conti" ont levé le camp.
"Une bonne chose". C'est avec une satisfaction teintée de prudence que les syndicats des salariés de Caterpillar ont accueilli la décision du juge des référés du tribunal de grande instance de Grenoble, lundi 27 avril. La justice a en effet débouté la direction du groupe, qui lui demandait de valider son plan social de 733 licenciements. La première des deux réunions ordonnées lundi par la justice pour la reprise des négociations entre les représentants syndicaux et la direction de Caterpillar aura lieu à la préfecture de l'Isère, à Grenoble, jeudi.
Nicolas Benoît, délégué de la CGT, estime que "la situation reste compliquée. Nous avons quinze jours pour rendre un avis, ce qui implique la reprise des négociations. Or, nous avons du mal à communiquer avec la direction du groupe". D'où l'intervention d'un médiateur, qui devrait être désigné prochainement. Le comité d'entreprise et la direction organiseront ensuite deux réunions, l'une sur la justification du plan de licenciement et l'autre sur les modalités de départ des salariés.
Dans l'immédiat, les salariés doivent se réunir lundi après-midi, en assemblée générale, pour "décider de la suite des événéments". Près de 60 % des 2 551 salariés des deux sites d'Echirolles et de Grenoble, qui devaient reprendre le travail après plusieurs semaines de chômage technique, étaient toujours en grève.
TOURNANT JUDICIAIRE
Le conflit a pris un tournant judiciaire la semaine dernière. Vendredi, la direction avait assigné en justice le comité d'entreprise afin de faire valider le plan de sauvegarde de l'emploi, annoncé en février. Une décision prise après le rejet par les salariés d'un plan de fin de conflit signé le 19 avril, à Paris, entre la direction et des élus du comité d'entreprise, qui se sont par la suite rétractés. Ce plan ramenait notamment de 733 à 600 le nombre de licenciements en contrepartie de la conclusion d'un accord sur l'aménagement du temps de travail.
Les quatre cadres de Caterpillar séquestrés fin mars ont porté plainte contre X. La direction a également pris des mesures à l'encontre de 22 salariés pour diverses
actions jugées répréhensibles
MOLLEX :
La crise a bon dos. Après l'annonce de la fermeture de leur usine en Haute-Garonne, les 283 employés de
Molex ont réalisé qu'il s'agissait d'une délocalisation initiée fin 2007 et non d'un plan social. Les deux cent quatre-vingt-trois employés de MOLEX regardent leur trophée avec amertume : à l'été 2008, ils avaient été récompensés par le patron américain pour «qualité de service irréprochable» rendu aux clients de
l'équipementier automobile. Depuis plus de six mois, ils tentent d'éviter la fermeture du site de Villemur-sur-Tarn (Haute Garonne) annoncée en octobre 2008. Présenté comme une mesure préventive
à la veille d'une année 2009 qui risquait de ne pas être bénéficiaire pour le groupe, ce plan social s'est révélé être une délocalisation prévue de longue date...
«Vous n'êtes pas sans savoir que Molex a préparé un plan...»
«Après l'annonce de la fermeture de l'usine le 23 octobre, nous avons peu à peu réalisé que la décision avait été prise bien avant cette annonce», raconte Guy Pavan, délégué CGT du personnel. En
consultant le système de gestion des commandes de l'entreprise, les employés découvrent un beau matin que des produits portant les mêmes référence que ceux produits en Haute-Garonne sont livrés à
leur destinataire allemand... depuis les Etats-Unis ! «Les mouvements débutaient le 8 octobre !», se souvient Pavan. Soit deux semaines avant «l'annonce surprise» de la direction de
Molex.
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